Pourquoi parle-t-on désormais d’« auxiliaires médicaux en pratique avancée » ?

Publicités

Depuis quelque temps, une expression revient de plus en plus souvent dans les textes : « auxiliaire médical exerçant en pratique avancée ». Mais Pourquoi parle-t-on désormais d’« auxiliaires médicaux en pratique avancée » ? Pourquoi les textes parlent-ils désormais d’« auxiliaires médicaux en pratique avancée » ? Comprendre la différence avec les IPA, le cadre juridique et les évolutions de la pratique avancée en France.

Pour les IPA, elle peut surprendre. Le mot « auxiliaire » n’est pas forcément celui auquel on s’attend lorsqu’on parle d’un professionnel formé à un niveau universitaire avancé, avec des compétences cliniques élargies, des possibilités de prescription et des responsabilités propres.

Alors, est-ce que les IPA changent de nom ? Est-ce que leur statut est en train d’être revu ?

Non. Les infirmiers en pratique avancée restent des IPA. Cette terminologie correspond surtout à la manière dont le droit français organise désormais la pratique avancée dans un cadre plus large que la seule profession infirmière.

La pratique avancée était déjà ouverte aux auxiliaires médicaux en 2016

Il faut revenir à la création de la pratique avancée en France.

L’article 119 de la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé a créé l’article L.4301-1 du Code de la santé publique.

C’est encore aujourd’hui le texte qui pose le cadre général de la pratique avancée.

Et, dès l’origine, il ne parlait pas uniquement des infirmiers. Le législateur avait choisi une formulation plus large en visant les auxiliaires médicaux, avec l’idée que les modalités d’exercice seraient ensuite précisées pour chaque profession.

Autrement dit, la pratique avancée n’a jamais été juridiquement imaginée comme un dispositif exclusivement infirmier.

Sources :

  • Loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, article 119.
  • Code de la santé publique, article L.4301-1.

Pourquoi avons-nous alors presque toujours associé pratique avancée et IPA ?

Tout simplement parce que les infirmiers ont été les premiers à disposer d’un cadre réellement applicable.

Le décret n° 2018-629 du 18 juillet 2018 relatif à l’exercice infirmier en pratique avancée a défini les domaines d’intervention, les activités cliniques, les actes réalisables, certaines prescriptions, les conditions d’exercice et l’organisation avec les médecins.

La formation universitaire s’est parallèlement construite autour du diplôme d’État d’infirmier en pratique avancée.

Dans les faits, pendant plusieurs années, la pratique avancée française, c’était donc essentiellement les IPA. Forcément, les deux expressions ont fini par être utilisées presque comme des synonymes.

Source :

  • Décret n° 2018-629 du 18 juillet 2018 relatif à l’exercice infirmier en pratique avancée.

« Auxiliaire médical » : le mot est plus juridique que clinique

C’est probablement ce qui crée le plus de malaise.

Dans le langage courant, un « auxiliaire » fait penser à quelqu’un qui assiste un autre professionnel. Appliqué à un IPA, le terme peut donc sembler franchement maladroit.

Mais dans le Code de la santé publique, il ne faut pas le lire de cette manière.

Les auxiliaires médicaux constituent une catégorie juridique qui regroupe plusieurs professions : infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, ergothérapeutes, psychomotriciens, orthophonistes, orthoptistes, manipulateurs d’électroradiologie médicale, techniciens de laboratoire médical, audioprothésistes, opticiens-lunetiers ou encore diététiciens.

Le mot « auxiliaire » ne définit donc pas le degré d’autonomie.

Il ne dit pas non plus quel est le niveau universitaire du professionnel, son expertise clinique, ses responsabilités ou ce qu’il peut prescrire.

Un IPA classé juridiquement parmi les auxiliaires médicaux ne devient pas pour autant « l’assistant du médecin ». C’est une catégorie du Code de la santé publique, pas une description de son travail quotidien.

Pourquoi cette expression apparaît-elle davantage maintenant ?

Parce que le cadre général imaginé en 2016 devient plus visible dans les textes récents.

L’article L.4301-1 du Code de la santé publique prévoit l’exercice en pratique avancée des auxiliaires médicaux concernés, avec des règles précisées pour chaque profession.

Cet exercice peut notamment inclure des activités d’orientation, de prévention, d’éducation ou de dépistage, mais aussi de l’évaluation clinique, de la surveillance, certains actes techniques et certaines prescriptions, adaptations ou renouvellements.

En pratique, il faut distinguer deux choses.

La pratique avancée correspond au cadre juridique général.

L’infirmier en pratique avancée est la déclinaison de ce cadre pour la profession infirmière, avec son diplôme, ses compétences et ses règles propres.

C’est cette distinction qui permet d’envisager demain l’ouverture de la pratique avancée à d’autres professions sans réécrire complètement toute l’architecture juridique.

Source :

  • Code de la santé publique, article L.4301-1.

Les IPA deviennent-ils des « AMPA » ?

Non.

Le titre d’infirmier en pratique avancée demeure.

La loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 sur la profession d’infirmier maintient d’ailleurs un cadre spécifique pour les infirmiers en pratique avancée.

L’article L.4301-2 du Code de la santé publique vise précisément leur exercice dans les conditions prévues par l’article L.4301-1.

La distinction peut se résumer assez facilement :

Les IPA relèvent du cadre juridique de la pratique avancée des auxiliaires médicaux, mais tous les auxiliaires médicaux qui pourraient un jour exercer en pratique avancée ne seront pas nécessairement infirmiers.

« Auxiliaire médical exerçant en pratique avancée » est donc une catégorie générale. IPA reste le titre professionnel des infirmiers concernés.

Sources :

  • Code de la santé publique, articles L.4301-1 et L.4301-2.
  • Loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 sur la profession d’infirmier.

À l’hôpital, cette appellation existe déjà depuis plusieurs années

Cette terminologie n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle.

Le décret n° 2020-244 du 12 mars 2020 a créé le « corps des auxiliaires médicaux exerçant en pratique avancée de la fonction publique hospitalière ».

Un IPA hospitalier peut donc appartenir à ce corps statutaire tout en restant, professionnellement, infirmier en pratique avancée.

C’est un bon exemple de la différence entre le statut administratif et le titre professionnel. Les deux ne se confondent pas.

Source :

  • Décret n° 2020-244 du 12 mars 2020 portant statut particulier du corps des auxiliaires médicaux exerçant en pratique avancée de la fonction publique hospitalière.

Une ouverture possible à d’autres professions, mais pas automatiquement

C’est probablement le vrai changement derrière cette évolution du vocabulaire.

La pratique avancée est de plus en plus pensée comme un niveau d’exercice pouvant être décliné dans plusieurs professions de santé.

Cela peut ouvrir la voie, à terme, à de nouvelles formations universitaires et à de nouvelles compétences pour certains professionnels.

Mais appartenir à la catégorie des auxiliaires médicaux ne suffit pas.

Pour qu’une profession puisse réellement exercer en pratique avancée, des textes spécifiques doivent encore fixer les conditions d’accès, la formation, les domaines d’intervention, les actes autorisés, les prescriptions possibles et les responsabilités.

C’est là qu’il faut être vigilant dans les annonces : une possibilité inscrite dans le droit n’est pas forcément déjà une réalité sur le terrain.

Sans décret ou arrêté d’application, on reste dans une ouverture juridique ou un projet d’évolution.

Pourquoi le mot « auxiliaire » dérange-t-il malgré tout certains IPA ?

La réaction est assez compréhensible.

Depuis plusieurs années, les IPA cherchent justement à faire reconnaître leur niveau de formation, leur expertise clinique, leurs compétences d’évaluation et de prescription, leur autonomie et leurs responsabilités dans le suivi des patients.

Voir revenir fortement le mot « auxiliaire » peut donner, au moins symboliquement, l’impression d’un recul.

Mais au fond, le sujet le plus important est ailleurs.

Ce sont les textes qui déterminent ce qu’un IPA peut réellement faire : évaluer, décider, prescrire, renouveler, adapter, suivre un patient et répondre des actes qu’il réalise.

L’article L.4301-1 du Code de la santé publique rappelle d’ailleurs que le professionnel exerçant en pratique avancée est responsable des actes effectués dans ce cadre.

Le vocabulaire compte. Mais les compétences et les responsabilités comptent encore davantage.

Pour les IPA, qu’est-ce qui change concrètement ?

Pas leur titre.

Les infirmiers en pratique avancée restent des infirmiers diplômés, titulaires du diplôme d’État d’infirmier en pratique avancée et exerçant dans des domaines définis par les textes.

Ils conservent leurs compétences cliniques élargies, leurs possibilités de réaliser certains actes et prescriptions ainsi que leur responsabilité professionnelle.

Le titre d’IPA n’est donc pas supprimé.

Ce qu’il faut retenir

L’expression « auxiliaire médical exerçant en pratique avancée » désigne le cadre juridique général dans lequel la pratique avancée peut être organisée pour différentes professions.

L’infirmier en pratique avancée, lui, reste la déclinaison infirmière de ce cadre, avec son diplôme, ses compétences et ses règles d’exercice.

Les IPA ne sont donc pas en train d’être rebaptisés « AMPA ».

Ce qui évolue, c’est surtout la manière de penser la pratique avancée : non plus uniquement autour d’une profession, mais comme un modèle d’exercice susceptible d’être décliné dans plusieurs métiers de santé.

La suite dépendra surtout des textes qui viendront préciser quelles professions seront réellement concernées, avec quelle formation, quelles compétences, quelles prescriptions et quel niveau d’autonomie.

Et pour les IPA, l’enjeu sera aussi de conserver une identité professionnelle clairement identifiable dans ce cadre devenu plus transversal.

Principales références juridiques

TOUTE L’ACTUALITÉ DES IPA OU AMPA

LA FORMATION IPA

LES TEXTES JURIDIQUES SUR LES IPA OU AMPA

PLAN DU SITE

Publicités

Publications similaires.

Publier un commentaire.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.